Le district autonome Dong de Sanjiang, situé dans le nord du Guangxi et créé en 1952, est l'un des habitants les plus importants des Dong, puisque ceux-ci, au nombre de 172 000 à Sanjiang, représent 53% de la population du district et 6.85% de celle des
Dong( 2.51 millions) dans le pays tout entier. "Sanjiang" signifie en chinois "trois rivières", puisque le district autonome est traversé par le Xunjiang, le Yongjiang et le Rongjiang. La langue dong appartient à la famille sono- tibétaine. Dans l'histoire, cette branche des Luoyue n'avait pas de langue écrite, jusqu'en 1958, année où a été élaboré un projet d'écriture phonétique basée sur l'alphabet latin.
Les Dong ont une longue histoire et une riche culture traditionnelle, concrétisée surtout dans leur us et coutumes. Les fêtes sont tres nombreuses chez les Dong et fournissent à ceux-ci autant d'occasions pour chanter, danser et se livrer à toutes sortes de cérémonies.
Les "grands chants des Dong"
Les "grands chants des Dong" sont des chanssons populaires chantées en choeur à plusieurs parties. Les mélodies principales se trouvent dans les parties basses et les parties hautes en sont plutôt dérivées. Dirigé par un( ou une) premier chanteur, auquel répondent les autres, le choeur forme une harmonie naturelle, celle d'une forme originale de la polyphonie propre à la musique folklorique chinoise.
Selon la légende, il y a très longtemps un groupe de jeunes garçons et des jeunes filles dong chantaient souvent pendant les intervalles des travaux des champs. Ils se rendirent compte, une fois, que les oiseaux et les insectes des alentours chantaient eux aussi en s'accordant leur voix haute ou basse, sonore ou faible, proche ou loitaine, à l'unisson ou en se succédant. Ivres de ce choeur de la nature, les garçons et les jeunes filles se mirent à les imiter. Ainsi se sont formés le "Gacanglang" (Chant de l'insecte Yangmei), le "Gajiyue"( Chant de la Cigale", le "Gaguo"(Chant de l'oiseau Guo), le "Gaye"( Chant de la Grenouille) et d'autes airs à plusieurs parties harmonieuses. Ceux-ci se sont perfectionnés et enrichis avec les progrès de la société Dong, pour arriver à exprimer les différents aspects de la vie et les sentiments de différentes catégories de gens. Actuellement, les "grands chants Dong" sont divisés en 5 catégories: chants narratifs, chants lyriques, chants rituels, chants musicaux et chants pour enfants. Les chants à prédominance musicale sont plus étroitement liés aux activités productrices. Par exemple, le premier chanteur lance d'abord l'appel suivant, dans le "Ga de la 3e lune": "On est entre dans la 3e lune, oû il fait beau. Une paire de sauterelles se lancent en l'air, et les coucous chantent avec sonorité. La saison des semailles arrivent. Dépêchons-nous pour ne pas lqisser pqsser le temps." Puis, le choeur se met à imiter le cri du coucou par voix succesives, annonçant la venue du printemps et transportant les auditeurs dans les champs qui s'éveillent.
En automne 1986, sur l'invitation du Festival artistique international de Paris, 9 jeunes filles Dongs' y sont rendues pour présenter au public parisien le "le Grand Chant" de leur ethnie. En commantant "Nous choisissons nous-même celui qui est digne de notre amour", un des numéros qu'elles avaient offerts, un journal, en représentant l'avis général, s'exclama: "Le Grand Chant des Dong a conquis Paris!"
Soupe au thé grillé
Les Dong( les Yao aussi ) aiment beaucoup la soupe au thé grillé et ils ne manquent pas d'en offrir un bol à toute personne qui vient lui rendre visite chez lui. Les feuilles de thé doivent être de la meilleure qualité, on en fait d'abord sauter avec de l'huile de thé (provenant d'une espèce de thé à l'huile locale); puis on en cuit dans de l'eau, avec du riz glutineux cuit et qu'on a laissé sécher à l'ombre, du soja et dus cacahuètes. Salée et légèrement amère, cette soupe dégage une odeur agréable et produit un effet rafraîchissant et vivifiant.
La tour du tambour
Les visiteurs venus de l'extérieur ne manquent jamais d'admirer le charme de deux types de constructions originales propres aux villages Dong: la tour du tambour et le pont du vent et de la pluie. Actuellement Sanjiang en compte respectivement 158 et 108 sur son territoire.
La
tour du tambour est entièrement de bois, sans aucun clou de fer, si on ne compte pas les tuiles de ses tois superposés. Ceux-ci reposent en général sur 4 colonnes principales que constutuent 4 troncs de sapin massifs assez élevés pour atteindre la plus haute des couches superposées de la toiture, qui en compte de 3 à 15 en général( le nombre est toujours impair). Les colonnes principales sont liées à des colonnes secondaires qui atteignent à la hauteur de couches moins élevées de la toiture superposée, grâce à un système de poutres horizontales, solidement assemblées à tenons et à mortaises. Le comble comprend 4 , 6 ou 8 pentes. L'ensemble de l'édifice s'élève à 6 à 15 m de hauteur, avec une surface de 7 à 10 m² à la base. Tout autour sont disposés des bancs et, au milieu, un bassin à feu. Les représentant le dragon, le phénix et autres oiseaux. L'ensemble du comble évoque la forme d'un parapluie légèrement ouvert et son culminent est coiffé d'un mât, d'un "melon d'or" ou d'une "calebasse" en céramique. Sur la charpente, le mur ou les portes se trouvent souvent des peintures vivantes représentant dragons, phénix, licornes, oiseaux, animaux, fleurs, paysages naturels et personnages. La forme extérieur de la tour du tambour est ipressionnante, puisqu'elle réunit le charme de la pagoode et la splendeur du pavillon chinois. Le plus célèbre des tours du tambour de Sanjiang se trouve à Mapang, à 28 km au nord du chef-lieu du district. Construite sous les Qing (1644--1911) et reconstruite en 1943, cell-ci, de forme carrée à la base, à un comble à 9 couches extérieures reposant sur 4 colonnes de bois centrales et 12 autres moins élevées. L'ensemble de l'édifice s'éleve à 12.55 m de haut. Les avant-toits sont décorés de peintures charmantes. L'ensemble de l'édifice est considéré comme le spéciment le plus représentatif de l'architecture dong de Sanjiang. C'est pour un clan Dong, le lieu de rassemblements, de banquets, de distractions collectives et de rendez-vous de jeunes amoureux.
Le pont du vent et de la pluie
A Sanjiang, on voit souvent des ponts-galeris en bois, appelés communément "
pont du vent et de la pluie". L'originalité de leur architecture fait d'eux l'un des symboles des villages Dong. Celui de Chengyang donstruit en 1916 est la construction la plus importante de ce genre et de 3.4 m de margeur, il est composé de 5 piliers et de 4 arches de 14.2 m de long. Le tablier est constitué de 2 couches de troncs de sapin et d'une couche de planches reposant sur les piles. Le pont ansi formé est appelé à supporter toute une galerie que le surmonte sur toute sa longueur. La galeriecouverte de tuiles noires est ponctuée de 3 kiosques à quadruple toiture, hexagonal (celui du milieu) ou carrés, et de 2 pavillons à 4 étages. Ce genre de ponts paraît aussi imposant que splendide si on le voit de loin. Il sert dans la vie courante à abriter les passants du vent et de la pluie comme le suggère littéralement son nom, ainsi qu'à fournir aux garçons et aux jeunes filles un lieu de rendez-vous idéal.
Pour construire les ponts ainsi que les autres édifices d'intérêt public, les Dong ont le coutume d'offrir des matérieux et de prendre part aux travaux à titre bénévole. Transmise de génération en génération, cette tradition ramarquable reste vivace dans la société actuelle, caractérisée par un développement continuel de l'économie du marché.