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Taian est à 80 km de Jinan et à 102 km de Qufu. ?C’est une petite ville tournée vers le tourisme au mont Taishan.
Le Taishan, c'est le pic de l'Est, la plus célèbre des cinq montagnes sacrées de la Chine ancienne. Il symbolise la fermeté et la grandeur, comme en témoignent certaines expressions populaires : "inébranlable comme le Taishan", "ouvrir les yeux sans voir le Taishan"...
Le Taishan n'est pas très élevé, 1 524 m, mais il se trouve dans une plaine qui se situe à peine à 25 m au-dessus du niveau de la mer, et, de ce fait, le pic semble doublement imposant.
Le Taishan fut un lieu de pèlerinage des empereurs et aujourd'hui encore on peut voir de petites vieilles femmes aux pieds bandés qui font l'ascension, soutenues par leurs enfants et dont le but n'est pas d'admirer le paysage. C'est en effet au pied du Taishan que viennent se rassembler les ames des morts et le mont est considéré comme le grand magistrat des enfers. C'est une divinité-montagne au même titre que le Fuji au Japon ou l'Olympe en Grèce. Le chemin qui mène au sommet s'ouvre par un portique monumental, le Daizong fang, construit en 1730. Lascension commence par un chemin dallé légèrement en pente auquel succèdent bient?t des marches de pierre. On passera devant le temple de Xiwangmu, la reine mère d'Occident, qui date des Tang. C'était la première halte des empereurs au cours de leur pèlerinage.
La montée véritable commence à la Première Porte céleste (Yitianmen). Arrivé à la tour des Dix Mille Immortels (Wanxianlou), construite en 1620, vous vous trouverez devant la salle où l'empereur recevait les hommages de la Cour. Après une ascension assez raide, vous atteindrez le palais de la déesse Dumu (Dumugong), beau batiment aux murs violets et aux tuiles de couleur. D'une fenêtre, on aper?oit un pan de la montagne et, pendant la saison des pluies, une triple cascade. Vous arriverez bient?t à une bifurcation. Un chemin sur la droite mène à la vallée du Sutra sur pierre (Shijinggu). Un canon bouddhique est gravé sur le lit de la rivière en grands caractères de 50 cm de haut. On peut encore en lire 1 043 bien que certains aient été gravés vers 570 et d'autres sous les Ming.
Il faut retourner sur ses pas pour retrouver le chemin qui mène bient?t à la porte céleste du Milieu, Zhongtianmen. A partir de là, on redescend jusqu'au pont du Pas sur les Nuages, Yunbuqiao, dans une très jolie vallée creusée par un torrent impétueux. La partie la plus ardue de l'ascension commence au-delà du pavillon des Cinq Pins (Wusongting). On admirera les innombrables calligraphies qui ornent les plus beaux rochers sur le bord de la route. C'est à partir du petit arc de triomphe appelé Shengxian fang que commence un monumental escalier de pierre qui mène jusqu'à la porte céleste du sud (Nantianmen). Ce dernier portique annonce la fin de l'escalade, le but de vos efforts. La vue splendide que l'on obtient du sommet, surtout au coucher du soleil, vous récompensera de votre peine !
On verra aussi le temple des Nuages Colorés, Bixiasi, beau palais dédié à la déesse du Taishan. Les batiments sont recouverts de tuiles de fonte pour mieux résister aux intempéries. Au point culminant se trouve un temple tao?ste, le Yuhuangding, sommet de l'Empereur de jade, auprès duquel on peut lire sur une stèle : ? C'est ici que se tint Confucius et qu'il prit conscience de la petitesse du monde ?, selon des paroles du vieux sage rapportées par Mencius. Il faut contempler le lever du soleil un peu en contrebas de ce dernier temple sur le rocher appelé Riguangfeng. C'est un spectacle grandiose fort apprécié.
A deux pas du centre d'accueil de la ville de Tai'an se trouve le temple du Taishan (Daimiao), immense groupe:. architectural de 96 000 m2. Construit sous les Han, il a été considérablement agrandi sous les Tang et les Song (vIicxillr siècle). Parmi les pins et les cyprès séculaires, se dressent stèles, pavillons et palais. Le palais Tiankuang, construit en 1009, est un monument tout en bois de 48,7 m de long sur 20 m de large, à double toiture de tuiles jaunes, et aux murs rouges. C'est l'un des trois plus grands palais qui existent en Chine, les deux autres étant le palais de l'Harmonie suprême dans le Palais impérial de Pékin et le palais Dacheng à Qufu. Il abrite une peinture murale de 62 m de long sur 3 m de haut, une rouvre des Song qui décrit une tournée dans l'empire du dieu du Taishan.
Dans l'aile gauche du temple, on verra une première cour latérale où poussent six thuyas qui auraient été plantés en 110 av. J.-C. Le long de la muraille du temple sont encastrées des stèles précieuses calligraphiées par les plus grands lettrés de Chine, tel Mi Fu.
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