
Chengdu
Chengdu existait déjà à l'époque des Printemps et des Automnes (770-475 av. J.-C.). Au IIème siècle avant notre ère, de riches familles y possédaient terres, parcs et même entreprises sidérurgiques. Chengdu devint la capitale du royaume de Shu à l'époque des Trois Royaumes (221-265). En raison des tissus de brocart qui s'y fabriquaient, Chengdu fut baptisé sous les Han Jinguancheng, la « ville du magistrat des brocarts ». Puis, à l'époque des Cinq Dynasties, elle fut nommée Furongcheng, la « ville hibiscus ». Jusqu'en 1949, Chengdu avait gardé son aspect traditionnel et ses murailles carrées. Le centre de la ville a conservé son aspect traditionnel et ses belles maisons hautes à poutres apparentes et fenêtres de bois finement ajourées jusqu'en 1980. Hélas, tout a été progressivement détruit.Chengdu, capitale de la province du Sichuan, était l'une des villes les plus plaisantes de Chine. L'imparfait est de rigueur depuis qu'un vent de construction frénétique s'est abattu ces dernières années sur la ville, engendrant le saccage des quartiers les plus pittoresques au mépris de l'harmonie architecturale.
Ses larges avenues bordées de grands arbres restent peu encombrées et le climat tempéré qui règne permet aux habitants de se reposer le soir sur le pas de leur porte, à demi étendus sur des fauteuils de bambou.
Le Temple de Wuhou
Le temple de Wuhou, situé au sud-ouest de la ville, est dédié à la mémoire de Zhuge Liange (181-234), l'un des plus grands stratèges et hommes politiques de l'histoire chinoise. La légende populaire le considère comme l'Intelligence personnifiée et de nombreux temples en Chine lui sont consacrés. Cette construction couvre actuellement une superficie de 37 000 ml et remonte à la dynastie des Tang. En 760, le poète Du Fu fit allusion, dans un vers, à la forêt de cyprès qui l'ombrage. Sous les Qing, l'empereur Kangxi fit construire de nouveaux bâtiments (1672) et restaurer les anciens. On peut voir, se succédant du sud au nord, la porte principale, la deuxième porte, le pavillon de Liu Bei, le pavillon intermédiaire et le pavillon de Zhuge Liang. Après avoir passé la porte principale, on remarquera sur la droite des stèles Tang et sur la gauche des stèles Ming remarquablement bien conservées. La plus grande stèle Tang date de 809 et a été calligraphiée par Liu Gongchuo, gravée par Lu Jian et le texte a été rédigé par Pei Du. Ces trois hommes sont considérés comme des maîtres dans leur art respectif.
Le Pavion de Kongming ( Zhu Geliang )
A l'intérieur est exposée la statue colorée du célèbre stratège. Devant elle, on découvre trois tambours en bronze. Le plus grand, du XVème siècle avant J.-C., est censé avoir appartenu à Zhuge Liang. En quittant le pavillon de Zhuge Liang vers la gauche, on trouve la tombe de Liu Bei, mort en 223. Le tumulus n'a pas encore été fouillé. En poursuivant vers la gauche, on rejoint un parc public où les promeneurs du dimanche viennent pique-niquer et boire du thé, confortablement installés sur des chaises de bambou.
La Chaumière de Dufu
En bordure ouest de la ville, dans un cadre de bambous et de rizières, s'étend le parc de la « chaumière » du très grand poète Du Fu (712-770), Du Fu caotang. Du Fu et son contemporain Li Bai sont les deux plus célèbres poètes chinois. Du Fu, qui vécut sous les Tang, connut une existence vagabonde. Né au Henan, il quitta son village à l'âge de vingt ans pour parcourir la Chine. Il passa dix ans à Chang'an (actuelle Xi'an), puis visita le Gansu et arriva à Chengdu en 759 pour rester près de quatre ans dans sa « chaumière », où il composa plus de deux cent quarante poèmes. Il décrit dans l'un d'eux une nuit d'orage durant laquelle un vent violent arracha son toit de chaume. Sensible aux malheurs du peuple, il conclut son poème par la question suivante
"Quand y aura-t-il des palais de mille et dix mille chambres pour abriter tous les pauvres lettrés de l'empire et dans lesquels on ne verra plus que visages souriants ? "
La chaumière du poète fut détruite après sa mort, puis reconstruite sous les Song, agrandie et rénovée sous les Ming et les Qing.
La partie gauche du jardin comprend, au nord du ruisseau qui l'arrose, trois petits bâtiments. Le bâtiment du centre abrite la statue en pied du poète. Les deux bâtiments latéraux renferment diverses éditions chinoises et étrangères des oeuvres de Du Fu. En retrait, à droite, se trouve la fameuse « chaumière ».
Les chemins ombragés par une forêt de bambous, les cours intérieures artistiquement envahies par une luxuriante végétation et les pavillons aux couleurs sobres, soigneusement repeints, offrent un lieu de promenade reposant et poétique.
Le Pavion de Liu Bei
Il abrite en son centre la statue qui lui est consacrée. Liu Bei, descendant des empereurs Han, est le fondateur du royaume de Shu (au Sichuan), dont Zhuge Liang était le conseiller. Dans l'allée couverte de gauche se trouvent les statues des ministres guerriers et dans l'allée de droite, les statues des ministres lettrés de Liu Bei.
Le Temple de la Précieuse Lumière
Le Baoguangsi est le temple bouddhique le plus actif de la région de Chengdu. Une vingtaine de bonzes y vivent et de nombreux pèlerins, tibétains entre autres, s'y rendent pour brûler de l'encens, adorer les statues du Bouddha et écouter la lecture quotidienne des sutras. Ce temple a bénéficié du patronage des hauts dirigeants originaires du Sichuan, comme Deng Xiaoping, Guo Moruo, Chen Yi et Zhu De, et a été soigneusement protégé pendant la Révolution culturelle. Le temple a été fondé sous les Tang, en 880. Détruit sous les Ming, il a été reconstruit sous les Qing en 1671. En 1956, il a été classé « trésor culturel provincial ».
Le temple dans son ensemble comprend une pagode de treize étages datant de la dynastie des Tang, cinq bâtiments principaux et seize cours. Dans le Daxiongbaodian, pavillon du Trésor, on peut voir un bouddha de jade blanc, importé de Birmanie au début du siècle, et seize peintures Qing.
Le plus grand pavillon, Zangjinglou, pavillon des textes sacrés tibétains, est richement décoré de peintures Ming et Qing. On y observera une peinture dont chaque trait est composé de centaines de petits caractères, et une peinture exécutée par l'impératrice douairière Cixi.
Dans les deux petits pavillons, situés à droite et à gauche du Zangjinglou, sont exposés de nombreux objets d'art, dont ii la stèle aux Mille Bouddhas, sculptée en 540. Les peintures les plus précieuses sont dans un pavillon fermé au public mais vous pouvez demander à le visiter. On y voit des peintures Song (empereur Huizong), Yuan (Zhao Mengfu), Ming (Wen Zhengming) et quelques autres grands peintres contemporains comme Xu Beihong et Zhang Daqian. La partie droite du temple comporte en cote un Luohantang, salle des Arhats, où sont réunies 576 statues de 2 m de haut représentant les disciples du Bouddha. Ces statues datent de la fin du xix° siècle et, bien qu'amusantes, ne présentent pas un grand intérêt artistique. La partie gauche du temple est occupée par un salon de thé où l'on peut se délasser agréablement.
Jiuzhaigou
Jiuzhaigou est un gigantesque parc naturel qui se trouve à plus de 200 km au nord de Chengdu. On s'y rend par la route en suivant le cours du fleuve Min. On y découvrira l'un des plus splendides paysages de montagnes de Chine, ainsi qu'une très grande variété d'animaux sauvages en liberté : singes, oiseaux, pandas. Il y a en tout trois vallées et neuf villages dans cette réserve. W Les villages sont occupés par des « minorités nationales » qiang et tibétaines. Comme l'un de ces villages se trouve à la même altitude que Lhassa, capitale du Tibet, une excursion à Jiuzhaigou vous permettra de « voir » le Tibet à moindres frais.
A mi-chemin entre Chengdu et Jiuzhaigou, la route traverse le district autonome giang de Maowen. On ne manquera pas de s'arrêter dans la région (à Songjibao puis au village de Heihu) pour admirer les constructions en pierre sèche des Qiang : les vieux châteaux de sept à douze étages abandonnés qui s'élèvent au centre des villages ou au sommet d'une montagne et les habitations villageoises aux toits horizontaux. Si vous voyagez seul, munissez-vous de fruits secs et autres aliments énergétiques. Les étapes sont longues et les conditions d'hygiène souvent rudimentaires.
Qingchengshan
Qinchengshan se trouve à 15 km au sud de Dujiangyan. C'est l'un des lieux sacrés du taoïsme. On raconte que Zhang Daoling, fondateur de la religion taoïque, vint y prêcher à la fin de la dynastie des Han de l'Est (vers 210 ap. J.-C.).
La Montagne Emeishan
L'une des quatre montagnes sacrées du bouddhisme. Dans le massif des Qionglai, qui surplombe le sud-ouest du bassin du Sichuan.
Point culminant : 3 099 m.
Le bouddhisme fut introduit très tôt au mont Émei. Des temples et des monastères ont commencé à apparaître dès le début de notre ère. Le taoïsme était prédominant mais le bouddhisme l'a peu à peu supplanté. La montagne n'a été vraiment considérée comme un sanctuaire bouddhique qu'à partir de la dynastie des Tang (618-907).
Le montagne Émeishan se trouve à environ 200 km au sud-ouest de Chengdu. Il s'élève à 3 099 m au-dessus de la mer et à 2 000 m au-dessus de la plaine du Sichuan. C'est un des plus grands sanctuaires bouddhistes de Chine et les pèlerins continuent à s'y rendre en foule pour vénérer la divinité Puxian (Samantabhadra, en sanscrit). La beauté du paysage attire également les noncroyants et la longue route qui mène au sommet offre le spectacle d'une grande animation.
Les multiples temples disséminés le long de la route ont beaucoup souffert de la guerre sino-japonaise et de la Révolution culturelle.
On part du Baoguosi, temple construit au XVIème siècle, puis on passe devant le Fuhusi, « temple du Tigre couché », le plus grand ensemble du mont Émei. Les bâtiments actuels datent de 1652. On verra ensuite la Da E si puis le Qingyinge, pavillon du Son pur. Ce temple a été fondé auIVème siècle de notre ère. Il est entouré par deux torrents de montagne qui se rejoignent devant son portique et s'écoulent en cascade. On peut passer la nuit au temple Hongchunping. Le lendemain, on découvre le Xianfengsi, temple du pic des Immortels, avant d'atteindre le Xixiangchi, l'Étang où se lave l'éléphant, d'après une légende qui veut que le dieu Puxian ait mené son éléphant se baigner dans cet étang. Le sommet Jinding, le pic d'Or, offre une vue splendide sur les pics et vallées environnantes. Il faut avoir vu les trois spectacles suivants : le lever du soleil qui embrase progressivement les nuages matinaux ; la mer de nuages fantomatiques qui masque et dévoile alternativement le paysage ; la « lumière du Bouddha » qui peut être aperçue entre 10 h et 16 h. Ce dernier phénomène ne dure que quelques minutes durant lesquelles le spectateur peut voir sa propre silhouette reflétée dans le ciel.
A la descente, on se dirige vers le Wanniansi, temple des Mille Ans, où l'on peut passer la nuit. Le temple a été fondé au IVème siècle. Il contient une statue Song (980) du dieu Puxian sur son éléphant. L'ensemble mesure plus de 3 mètres.
Leshan ( le Grand Bouddha )
La ville de Leshan, appelée autrefois Jiading, est une ville dont l'histoire remonte à plus de 1 300 ans. Les rivières Qingyi, Daduhe et Minjiang y confluent. La ville se trouve d'un côté de la rivière, de l'autre s'élèvent les monts Lingyun et Wuyou.
Sur une pente abrupte du mont Lingyun, qui plonge directement dans la rivière, se dresse un énorme bouddha sculpté à même le roc, flanqué de deux guerriers armés. Les guerriers mesurent plus de 10 m et le Grand Bouddha contemple les trois rivières qui se rejoignent à ses pieds du haut de ses 70 m. Une passerelle vertigineuse a été creusée à flanc de montagne, sur le côté gauche du Bouddha. La statue fut sculptée en l'an 713 sur ordre du bonze Haitong du temple Lingyun, à l'époque des Tang. On croyait que son influence bénéfique ralentirait le courant des eaux et assurerait la sécurité des bateaux. Il fallut neuf ans pour venir à bout de ce gigantesque chef d'oeuvre. Un système de drainage invisible, installé dans le corps de la statue, lui a permis d'échapper à la détérioration qu'aurait dû causer l'érosion.