Avec Chang'an (ancienne capitale des dynasties des Han et des Tang, actuel Xi'an) comme point de départ, l'ancienne route de la Soie pénétrait autrefois le Xinjiang par la passe de Yumen au Gansu et se prolongeait vers l'ouest. Le long de cette route, subsistent aujourd'hui encore des passes, des citadelles, des temples avec des grottes, des tombeaux et des tours de vigie anciens. Les vestiges les mieux préservés sont répartis dans la partie est de la route de la Soie entre Hami et Turfan au Xinjiang.
Hami et Turfan
Hami était autrefois appelé ?Yiwu?. Situé dans l'est des monts Tianshan, il était autrefois un des passages donnant accès aux contrées occidentales. Les caravanes de Zhang Qian et de Ban Chao se rendant en mission dans les contrées de l'ouest sous les Han, Xuan Zang et sa suite allant en Inde à la recherche des canons bouddhiques sous les Tang, ainsi que d'innombrables envoyés et marchands y ont laissé leurs traces.
Aujourd'hui, le nom de Hami évoque souvent le melon de Hami, très connu dans tout le pays. Partant du chef-lieu du district de Shanshan, en direction du sud-ouest sur 25 km, vous arriverez à Lukqun, lieu d'origine du melon de Hami. Les conditions naturelles caractérisées par une température élevée et une sécheresse durable sont très favorable à la croissance de cette plante. Depuis les dynasties des Yuan et des Ming, le melon est cultivé sur de grandes étendues. Il y a plus de 200 ans, le prince de la région de Hami offrit des melons produits à Shanshan sous sa juridiction comme tribut à la cour de la dynastie des Qing. Après avoir dégusté une part de melon, l'empereur s'étonna de sa saveur sucrée et agréable et demanda alors à un ministre : ?Quel est le nom de ce melon ??. Ne le connaissant pas non plus, mais se souvenant que celui-ci avait été offert par le prince de Hami, il répondit sans réfléchir à l'empereur : ?C'est le melon de Hami?. Désormais, ce melon porte ce nom à jamais.
En partant de Hami tout droit vers l'ouest, on arrivera à Turfan, connu pour être une ?contrée de feu?, après avoir passé par Shanshan. La canicule, les tempêtes de sable et la sécheresse caractérisent le climat de cette région, digne du surnom de ?p?le de chaleur et de sécheresse? en Chine.
Comme le melon de Hami, le nom de Turfan évoque le raisin de cette région. Aux mois d'ao?t et septembre de chaque année, le Festival du raisin de Turfan est organisé sur la route de la Soie. Plus de 10 festivals de ce genre y ont également lieu. Lors des festivités, on peut go?ter des raisins à la saveur suave et toutes sortes d'amuse-gueules et assister à des démonstrations acrobatiques Dawaze ponctuées de chants et de danses. La saison du festival est idéale pour se rendre à Turfan.
Les vestiges sur la route de la Soie
Le mausolée des princes de Hami
A Hami, les vestiges anciens sont rares mais le mausolée des princes de Hami vaut la peine d'être visité. Il s'agit du cimetière des princes Hui de Hami de différentes générations et de leur famille, situé dans la cité Hui au sud de la ville de Hami. Ce titre fut hérité par ses descendants de 8 générations et s'est maintenu pendant 231 ans dans la famille Darhan. En 1868, la cour des Qing conféra le titre posthume de ?prince Heshuo? au septième prince Hui et donna à sa famille 20 000 taels d'argent destinés à construire un tombeau dont les travaux durèrent 20 ans. Dans les années 1980, le gouvernement chinois a alloué des fonds pour la restauration totale de ce mausolée qui abrite la plus grande mosquée de la région de Hami.
La plus grande caractéristique de cet ensemble architectural est la combinaison entre le style architectural islamique et celui des anciens pavillons des plaines centrales.
Les ruines de la cité de Gaochang
Les ruines de la cité de Gaochang, capitale de l'ancien royaume du même nom se trouvent à 40 km à l'est de Turfan après une oasis.
Le premier Etat de Gaochang (442-460) fut fondé par les descendants des Xiongnus (Huns), auquel ont succédé les Etats de Gaochang des Kan, des Zhang, des Ma et des Ju. L'Etat de Gaochang des Ju exer?a la plus grande influence dans l'histoire de Turfan. Gouverné par 10 rois, il exista pendant 141 ans. Peu après la fondation de la dynastie des Tang (618-907), Ju Wentai, roi de l'Etat de Gaochang, qui bénéficiait du soutien puissant des Turcs de l'ouest, incita ses subordonnés à se livrer à des exactions et à détenir des envoyés et des marchands des pays de l'ouest se rendant à la dynastie des Tang. L'empereur Taizong des Tang envoya des troupes s'emparer de Gaochang pour maintenir la route de la Soie et consolider l'unification des contrées de l'ouest.
En entrant par la porte ouest et en montant sur un coteau, on peut apercevoir des maisons délabrées et des murs en ruine qui s'étendent à perte de vue. L'ancienne cité de Gaochang couvrait 2 millions de mètres carrés et ses murs d'enceinte faisaient plus de 5 km de périmètre. Elle était composée de trois parties : la cité extérieure, la cité intérieure et la cité royale. On dit qu'elle fut construite sur le modèle de la ville de Chang'an. En parcourant ce lieu, vous découvrez les ruines de deux temples respectivement situés dans les parties sud-est et sud-ouest de la cité extérieure. Un peu plus au nord du centre-ville, se trouve une terrasse en argile rouge dont la partie subsistante mesure 15 m de hauteur. Des socles de pilier en pierre sculptés et des débris de tuile vernissée verte ont été découverts dans les environs. Il s'agirait de l'emplacement du palais des Ju.
Les ruines de l'ancienne cité de Jiaohe
Les ruines de la cité de Jiaohe sont situées sur une terrasse haute de 30 m et difficile d'accès surplombant le ravin de Yarnaizi à 10 km à l'ouest de la ville de Turfan. Une des 36 anciennes cités des contrées de l'ouest, Jiaohe fut construite par les Cheshi, une ancienne tribu vivant dans le Xinjiang. Datant de 2 000 à 2 300 ans, la fondation de cette cité est antérieure à l'époque des dynasties des Qin et des Han. Les Cheshi, appelés aussi Gushi, étaient les habitants les plus anciens de cette région.
Les ruines actuelles sont celles de la cité de Jiaohe, datant des Tang. Il s'agit de l'une des cités en terre battue les plus grandes, les plus anciennes et les mieux préservées du monde. Au centre de la ville, la route du Méridien reliant la porte du sud et un grand temple bouddhiste au nord divisait l'ancienne cité en deux parties est et ouest. La partie est était le quartier des résidences officielles bordant un ravin de plus d'une dizaine de mètres de profondeur. Les vestiges de la porte de la cité sont relativement bien conservés et des tuiles aux motifs de fleur de lotus datant de l'époque Tang ont été découvertes à proximité. Ce serait peut-être les ruines du palais royal de l'Etat de Cheshi et de la résidence officielle du gouverneur des Tang.
Les grottes aux Mille Bouddhas de Bezeklik
Les grottes aux Mille Bouddhas de Bezeklik sont situées au pied de la montagne en Flammes. Creusées dans les falaises des terrasses du ravin du Bois ou baties contre ces dernières, ces grottes sont disposées en rangs serrés et forment un paysage magnifique. 57 grottes subsistent aujourd'hui encore sur les 83 grottes existantes autrefois. Une quarantaine d'entre elles abrite des fresques qui ont une superficie totale d'environ 1 200 m2. C'est le plus grand ensemble de grottes de la région de Turfan et celui dont les fresques sont les plus riches en contenu.
Les travaux des grottes aux Mille Bouddhas de Bezeklik débutèrent à la fin des dynasties Sud et du Nord (420-589). Cet endroit a été le centre bouddhiste de la région de Gaochang pendant sept siècles, depuis la dynastie des Tang jusqu'aux Yuan en passant par les Cinq Dynasties et les Song. A l'époque de l'Etat de Gaochang des Huihu, l'ensemble des grottes connut sa période la plus florissante. C'est un trésor pour l'étude de la culture et des arts des Huihu.
Les grottes 17 et 18, creusée du XIe au XIIe siècle à la fin des Cinq Dynasties, sont les plus anciennes parmi les grottes aux Mille Bouddhas de Bezeklik. Dans la grotte 17, la fresque illustrant les histoires des enfers présente une ressemblance frappante à la peinture du même genre du manichéisme, ce qui a été rarement vu jusqu'ici en Chine.
Source : CRI