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Deux mille ans après son introduction en Chine, le bouddhisme continue à y jouer un r?le culturel important. Le bouddhisme est partie intégrante de la culture chinoise, et une partie essentielle de surcro?t. Pourtant à l'origine, le bouddhisme était une religion étrangère à la Chine. Il fut introduit de l'Inde vers la fin des Han de l'Ouest, au 1er siècle de notre ère. Sous les Han de l'Est, en l'an 67, les moines hindous Kasyapa-matanga et Dharmaranya arrivèrent à Luoyang, où l'empereur Mingdi fit construire pour eux le monastère du Cheval Blanc et leur demanda de traduire en chinois des soutras bouddhiques. En 148, un moine parthe, dont le nom chinois était An Shigao, vint en Chine, où il resta plus de vingt ans. Pendant son séjour, il traduisit en chinois 95 soutras bouddhiques. Entre la fin de la dynastie des Han et le début de celle des Tang, c'est-à-dire entre 220 et 618 de notre ère, la Chine connut une longue période de morcellement et de troubles, qui vit se succéder les Trois Royaumes, les Jin - Jin de l'Ouest et Jin de l'Est, les Seize Royaumes, les Dynasties du Sud et du Nord, et les Sui. Ce fut durant cette période que le bouddhisme connut une large diffusion, en particulier dans le Nord de la Chine. En 399, au temps des Jin de l'Est et des Seize Royaumes, un moine bouddhiste du nom de Fa Xian, partit de Chang'An (l'actuelle Xi'an) et parvint en Inde, d'où il se rendit à Ceylan. En 413, il revint à Jiankang (l'actuelle Nanjing). Il traduisit de nombreux canons bouddhiques et publia le récit de son voyage, intitulé ? Fo Guo Ji ?, ? Mémoires sur les pays du bouddhisme ?, où il décrivait les paysages et les coutumes de l?Inde, du Népal et de Ceylan. Le moine Kumarajiva fut également un auteur et un traducteur bouddhiste renommé de cette période. Il introduisit en Chine le soutra du Lotus, qui devait par la suite inspirer la secte Tiantai. C'est sous les Jin de l'Est que l'influence du bouddhisme devint prépondérante, alors qu'à l'époque des Jin de l'Ouest, le bouddhisme se distinguait encore mal des écoles de pensée taoistes. Sous les Dynasties du Sud et du Nord, des ma?tres venus de l'Inde furent à l'origine de plusieurs écoles bouddhiques, comme la secte Sanlun, la ? Voie du Milieu ?, introduite en Chine au 5ème siècle. Le bouddhisme attirait les faveurs des empereurs et de l'aristocratie. L'empereur Wudi des Liang, une dynastie du Sud, fit retraite à plusieurs reprises dans un temple bouddhique. La capitale Jiankang comptait jusqu'à 500 monastères, hébergeant quelque 100 000 nonnes et moines bouddhistes. Dans le Nord, le bouddhisme devait conna?tre un grand essor sous la dynastie des Wei du Nord. Pourtant, il fut d'abord banni par l'empereur Taiwudi, mais c'était en raison même de son influence grandissante, et il devait regagner le terrain perdu après que l'empereur Xiaowendi eut transféré sa capitale à Luoyang. Sous le règne de l?empereur Xuanwudi, le vénérable Bodhidharma vint de l'Inde méridionale pour prêcher le bouddhisme en Chine, d'abord dans le Sud, puis dans le Nord. Bodhidharma fut l'initiateur de la secte ? chan ?. Plus de 30 000 monastères peuplaient le domaine des Wei du Nord, et Luoyang en comptait trois cents à elle seule. C'est aussi sous les Wei du Nord que furent creusées près de Luoyang les grottes bouddhiques de Longmen, et celles de Yungang, près de Datong au Shanxi. Le creusement des grottes de Mogao, à Dunhuang au Gansu, avaient été entamé à l'époque des Seize Royaumes. Le bouddhisme marqua profondément la vie politique, économique et culturelle de l'apogée des Tang. C'était la religion la plus populaire et elle avait les faveurs de la Cour. Parmi les moines les plus célébres de cette époque, Xuan Zang ou Tripitaka (602-664), le héros du ? Pélerinage vers l'Ouest ?, est considéré comme le plus grand traducteur de l?histoire du bouddhisme chinois. Bravant mille difficultés, il se rendit en Inde à la recherche de textes bouddhiques. Après un long périple de dix-sept ans, il ramena 520 canons bouddhiques et mit vingt autres années pour traduire les 1 335 textes des 75 fascicules du Grand Véhicule (Mahayana). Dao Xuan (596-713) fut l'émule de Xuan Zang dans la traduction de textes canoniques. Le moine Yi Jing (635-713) se rendit lui aussi en Inde, où il resta 25 ans et collecta 400 livres bouddhiques en sanscrit, dont il traduisit une cinquantaine à son retour. Avec la diffusion du bouddhisme, la construction de temples et de pagodes devint une des principales occupations des architectes. Les constructions bouddhiques se dégagèrent peu à peu de l'art indien pour adopter des formes proprement chinoises. Elles s'ornaient d'une multitude de peintures et de sculptures. Le temple Fengxian, près de Luoyang, réunit les plus belles statues en pierre de l'époque. L'age d'or des Tang vit aussi le creusement de nombreuses grottes bouddhiques à Longmen et Mogao. Sous les Song, les Yuan, les Ming et les Qing, c'est-à-dire de la fin du 10ème au début du 20ème siècles, le bouddhisme continua à se répandre parmi la population. Il jouissait toujours de la protection des empereurs, à l'exception de certaines sectes, comme la Société du Lotus Blanc ou la secte Maitreya, lesquelles jouèrent un r?le actif dans les révoltes paysannes qui précipitèrent la chute des Yuan, des Ming et des Qing. A l'heure actuelle, trois formes de bouddhisme existent en Chine. Le plus répandu est le bouddhisme de langue han, qui porte l'empreinte de la secte chan. Il est difficile de conna?tre le nombre de ses adeptes, répartis sur tout le territoire chinois, mais on considère généralement qu'il compte plus de 5 000 temples et monastères, et qu'il rassemble au moins 40 000 moines et nonnes. Il se rattache à l'école Mahayana, dite du "Grand Véhicule". Le bouddhisme de langue pali est pratiqué par certaines minorités ethniques du Yunnan, au sud-ouest de la Chine, en particulier par les Dai. Il rassemble environ 1, 5 million d'adeptes et compte 8 000 moines et nonnes, ainsi qu'un peu plus d'un millier de temples et de monastères. Il se rattache à l'école Hinayana - ou Theravada, la Voie des Anciens -, école dite du "Petit Véhicule". Quant au bouddhisme tibétain, - auquel nous consacrerons une émission particulière -, il est pratiqué par 7 millions de personnes, principalement d'ethnie tibétaine. Il rassemble 120 000 lamas et nonnes et compte plus de 3 000 temples et monastères. Au fil de notre rétrospective, nous avons évoqué les célèbres sanctuaires bouddhiques de Mogao, Longmen et Yungang. Creusés dans le calcaire de falaises abruptes, ils recèlent des milliers de statues et de fresques qui illustrent la spécificité de la foi bouddhique en Chine. Situées à une vingtaine de kilomètres au sud-est de l'oasis de Dunhuang, dans le Gansu, sur la Route de la Soie, les grottes de Mogao figurent sur la liste du patrimoine universel mondial de l'UNESCO. L'ensemble constitue un véritable musée de peinture, de sculpture et d'architecture. Les grottes sont en forme d'entonnoir inversé, ou de forme carrée, ou encore construites autour d'un pilier central. La plupart du temps, une statue de Bouddha en occupe le centre, flanquée de disciples, de Bodhisattvas, de rois célestes ou de gardiens de la foi. Les fresques murales offrent une grande variété de motifs ; elles représentent des divinités bouddhiques ou des donateurs, ou illustrent des histoires religieuses ou édifiantes tirées de soutras. Les couleurs, où dominent les bruns, les verts et les turquoise, se sont quelque peu altérées au cours des siècles, mais restent d'une extrême délicatesse. Les 492 grottes qui ont été préservées jusqu'à nos jours représentent mille ans d'art bouddhique, depuis l'époque des Seize Royaumes jusqu'à la dynastie des Yuan. Du nord au sud, la Chine est parsemée de temples et de reliques bouddhistes. Quatre montagnes sont considérées comme des lieux sacrés de cette religion. Ce sont les monts Wutai, au Shanxi ; le mont Emei, au Sichuan ; les monts Jiuhua, dans l'Anhui, et le mont Putuo, au Zhejiang. Les monts Wutai s'étagent et se déploient dans de vastes perspectives ; dédié au Bodhisattva Samantabhadra, le mont Emei s'élève d'un élan puissant jusqu'à son sommet d'Or ; les sanctuaires des monts Jiuhua sont cachés au creux des forêts ; le mont Putuo, le seul des quatre monts sacrés à être dédié à une divinité féminine, la Déesse de la Miséricorde, protectrice des marins, flotte avec grace sur la mer de Chine orientale. Les bouddhistes chinois sont représentés par l'Association des Bouddhistes de Chine, fondée en 1953. L'Institut bouddhique, équivalent d'un Grand séminaire, a été fondé en 1956 par l'association. Fermé pendant la Révolution culturelle, il a été réouvert en grande pompe le 22 décembre 1980. Ses locaux se situent dans le monastère Fayuan, à l'ouest de Beijing. Il assure la formation du personnel religieux et des spécialistes de la doctrine bouddhiste. L'Association des Bouddhistes de Chine a fondé deux autres instituts, l'un au monastère de Lingyanshan, près de Suzhou, et l'autre, au monastère de Qixia, à Nanjing.
Source : RCI
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